Le concert Héros & Légendes du 30 mai 2026 nous invite à parcourir des récits où la musique donne vie aux mythes, aux voyages et aux destins hors du commun. Parmi ces figures, Peer Gynt occupe une place singulière : héros fantasque, menteur invétéré, voyageur insaisissable. Mais derrière ses errances, la voix la plus touchante de son histoire reste celle de Solveig, symbole d’amour fidèle et de patience infinie. C’est à travers cette page bouleversante de Grieg que nous ouvrons la porte de son univers.
Une présentation proposée par Vérène, Violoncelle

La chanson de Solveig
Imaginez l’Egypte, un jeune homme un peu étrange, grand voyageur. Il s’appelle Peer Gynt. On ne sait pas grand-chose de lui, sinon qu’il méprise tout et tout le monde. Il ment pour tout et pas grand chose. Ses activités sont consacrées à son plaisir exclusif : il fouille des ruines antiques à la recherche de trésors.
A la même époque, presque de l’autre côté de la planète, dans une épaisse forêt norvégienne, une jeune femme attend ce jeune homme qui l’a abandonnée. Elle est convaincue que Peer Gynt va arrêter ses pérégrinations fantaisistes, retrouver la raison et retourner en Norvège pour la retrouver.

La fameuse “chanson de Solveig” est souvent considérée comme l’une des pages les plus poignantes d’Edvard Grieg. Ce chant brûle d’amour et d’espoir. Grieg fait entendre Solveig plusieurs fois dans la pièce de théâtre, au troisième acte puis à la fin du quatrième acte. Enfin, alors que des années se sont écoulées, Peer Gynt, devenu vieillard, revient en Norvège. Il retrouve Solveig, qui n’a jamais cessé de l’attendre. Alors que le vieil homme expire dans ses bras, Solveig le console en lui annonçant qu’il a enfin terminé son voyage et trouvé le sens de sa vie.
Edvard Grieg, un compositeur voyageur

« Je ne suis pas destiné à résoudre l’énigme du monde, je veux seulement montrer aux hommes combien la nature et la vie sont belles. »
Grieg est né à Bergen, en Norvège en 1843. Il étudie la musique très jeune avec sa mère puis part se perfectionner au conservatoire de Leipzig. Il commence une carrière de pianiste et se rend ensuite à Copenhague au Danemark. Mais des ennuis de santé et sa rencontre de sa future femme le ramènent en Norvège après un détour par Berlin et Rome. A partir de 1885, il fait toutefois des tournées régulières à Oslo, Bayreuth, en Hongrie, en Hollande, en Angleterre, en France et en Pologne.
Même si Grieg a beaucoup voyagé, son œuvre est marquée par le mouvement de renouveau national qui se développe au 19e siècle dans toute l’Europe. Comme d’autres artistes norvégiens de sa génération, il introduit dans ses créations des éléments du folklore et des traditions scandinaves. Grieg avait l’habitude de fréquenter les fêtes paysannes et de noter les airs folkloriques qu’il entendait jouer sur les violons traditionnels norvégiens. Selon son biographe, Jérôme Bastianelli, “soit il en faisait des transcriptions un peu littérales, soit ça inspirait des mélodies plus personnelles et qu’on retrouve un peu partout dans son œuvre”.
Un extrait du texte de Henrik Ibsen
L'hiver peut s'enfuir, le printemps bien aimé
Peut s'écouler.
Les feuilles d'automne et les fruits de l'été,
Tout peut passer.
Mais tu me reviendras, Ô mon doux fiancé,
Pour ne plus me quitter.
L’inspiration d’Edvard Grieg
Grieg s’intéresse très jeune aux musiques populaires traditionnelles. C’est aussi un compositeur facétieux qui multiplie les astuces musicales pour faire voyager le spectateur grâce au son. Dans Peer Gynt, il s’amuse et propose successivement des paysages froids de forêts enneigées avec des longues notes graves tenues par les instruments à cordes puis un désert marocain au lever du jour avec une gamme pentatonique, typique de la musique orientale.
Une pièce qui a inspiré de nombreux musiciens
Ce tube de la musique classique est inspiré d’un air traditionnel norvégien. L’arrangement qu’en a fait Grieg a inspiré d’autres musiciens qui s’en sont à leur tour inspirés. On peut citer Duke Ellington et Billy Strayhorn et leur version jazzy de 1960 qui, reprise à son tour, inspira le Gilbert Sigrist Trio dans une version très swing. Enfin, si vous écoutez Lost Song, un air composé par Serge Gainsbourg pour Jane Birkin en 1987, vous pourrez aussi reconnaître l’air de la Chanson de Solveig.
Vous voulez en savoir plus sur la chanson de Solveig ?
Rendez-vous sur ce podcast de Radio France : https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/la-chanson-de-solveig-un-chant-de-glace-et-de-feu-3774889
Vous voulez en savoir plus sur Edvard Grieg ?
Ecoutez ce podcast de Franck Ferrand sur Radio Classique
Un peu de lecture pour les curieux
Alors que la chanson de Solveig est l’une des plus connues de la musique classique, la vie de Grieg est restée longtemps méconnue. Jérôme Bastianelli a consacré une biographie au musicien, en évoquant sa vie, son œuvre mais aussi les liens avec l’histoire de la Norvège au XIXème siècle.
Edvard Grieg. Jérôme Bastianelli. Editions Actes Sud Musiques. 184 pages. 2025. 20 €.
Retrouvez la Chanson de Solveig au programme de Héros & Légendes, samedi 30 mai 2026 à Caluire.

Réservez dès maintenant vos places pour cette soirée où récits mythiques et émotions musicales se rencontrent.
Nous sommes impatients de vous accueillir pour ce voyage au cœur des grandes légendes symphoniques.

















