Archives de catégorie : Répertoire

Notre répertoire

La Chanson de Solveig : L’Art de Grieg

Le concert Héros & Légendes du 30 mai 2026 nous invite à parcourir des récits où la musique donne vie aux mythes, aux voyages et aux destins hors du commun. Parmi ces figures, Peer Gynt occupe une place singulière : héros fantasque, menteur invétéré, voyageur insaisissable. Mais derrière ses errances, la voix la plus touchante de son histoire reste celle de Solveig, symbole d’amour fidèle et de patience infinie. C’est à travers cette page bouleversante de Grieg que nous ouvrons la porte de son univers.
Une présentation proposée par Vérène, Violoncelle

Chanson de Solveig, extraite de Peer Gynt de Grieg par l'Orchestre Symphonique de Lyon
Chanson de Solveig, extraite de Peer Gynt de Grieg par l’Orchestre Symphonique de Lyon

La chanson de Solveig

Imaginez l’Egypte, un jeune homme un peu étrange, grand voyageur. Il s’appelle Peer Gynt. On ne sait pas grand-chose de lui, sinon qu’il méprise tout et tout le monde. Il ment pour tout et pas grand chose. Ses activités sont consacrées à son plaisir exclusif : il fouille des ruines antiques à la recherche de trésors.

A la même époque, presque de l’autre côté de la planète, dans une épaisse forêt norvégienne, une jeune femme attend ce jeune homme qui l’a abandonnée. Elle est convaincue que Peer Gynt va arrêter ses pérégrinations fantaisistes, retrouver la raison et retourner en Norvège pour la retrouver.

La Chanson de Solveig extraite de Peer Gynt, affiche pour la première représentation de la pièce à Paris au théâtre de l’Œuvre en 1896, lithographie de Edvard Munch. SLUB Deutsche Fotothek
Peer Gynt, affiche pour la première représentation de la pièce à Paris au théâtre de l’Œuvre en 1896, lithographie de Edvard Munch. SLUB Deutsche Fotothek

La fameuse “chanson de Solveig” est souvent considérée comme l’une des pages les plus poignantes d’Edvard Grieg. Ce chant brûle d’amour et d’espoir. Grieg fait entendre Solveig plusieurs fois dans la pièce de théâtre, au troisième acte puis à la fin du quatrième acte. Enfin, alors que des années se sont écoulées, Peer Gynt, devenu vieillard, revient en Norvège. Il retrouve Solveig, qui n’a jamais cessé de l’attendre. Alors que le vieil homme expire dans ses bras, Solveig le console en lui annonçant qu’il a enfin terminé son voyage et trouvé le sens de sa vie.

Edvard Grieg, un compositeur voyageur

Portrait d’Edvard Grieg, photo d’Axel Lindahl, 1876. Bibliothèque de Bergen, Norvège. Compositeur de la Chanson de Solveig
Portrait d’Edvard Grieg, photo d’Axel Lindahl, 1876. Bibliothèque de Bergen, Norvège.

« Je ne suis pas destiné à résoudre l’énigme du monde, je veux seulement montrer aux hommes combien la nature et la vie sont belles. »

Grieg est né à Bergen, en Norvège en 1843. Il étudie la musique très jeune avec sa mère puis part se perfectionner au conservatoire de Leipzig. Il commence une carrière de pianiste et se rend ensuite à Copenhague au Danemark. Mais des ennuis de santé et sa rencontre de sa future femme le ramènent en Norvège après un détour par Berlin et Rome. A partir de 1885, il fait toutefois des tournées régulières à Oslo, Bayreuth, en Hongrie, en Hollande, en Angleterre, en France et en Pologne.

Même si Grieg a beaucoup voyagé, son œuvre est marquée par le mouvement de renouveau national qui se développe au 19e siècle dans toute l’Europe. Comme d’autres artistes norvégiens de sa génération, il introduit dans ses créations des éléments du folklore et des traditions scandinaves. Grieg avait l’habitude de fréquenter les fêtes paysannes et de noter les airs folkloriques qu’il entendait jouer sur les violons traditionnels norvégiens. Selon son biographe, Jérôme Bastianelli, “soit il en faisait des transcriptions un peu littérales, soit ça inspirait des mélodies plus personnelles et qu’on retrouve un peu partout dans son œuvre”.

Un extrait du texte de Henrik Ibsen


L'hiver peut s'enfuir, le printemps bien aimé
Peut s'écouler.
Les feuilles d'automne et les fruits de l'été,
Tout peut passer.
Mais tu me reviendras, Ô mon doux fiancé,
Pour ne plus me quitter.

L’inspiration d’Edvard Grieg

Grieg s’intéresse très jeune aux musiques populaires traditionnelles. C’est aussi un compositeur facétieux qui multiplie les astuces musicales pour faire voyager le spectateur grâce au son. Dans Peer Gynt, il s’amuse et propose successivement des paysages froids de forêts enneigées avec des longues notes graves tenues par les instruments à cordes puis un désert marocain au lever du jour avec une gamme pentatonique, typique de la musique orientale.

Une pièce qui a inspiré de nombreux musiciens

Ce tube de la musique classique est inspiré d’un air traditionnel norvégien. L’arrangement qu’en a fait Grieg a inspiré d’autres musiciens qui s’en sont à leur tour inspirés. On peut citer Duke Ellington et Billy Strayhorn et leur version jazzy de 1960 qui, reprise à son tour, inspira le Gilbert Sigrist Trio dans une version très swing. Enfin, si vous écoutez Lost Song, un air composé par Serge Gainsbourg pour Jane Birkin en 1987, vous pourrez aussi reconnaître l’air de la Chanson de Solveig.


Vous voulez en savoir plus sur la chanson de Solveig ?

Rendez-vous sur ce podcast de Radio France : https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/la-chanson-de-solveig-un-chant-de-glace-et-de-feu-3774889

Vous voulez en savoir plus sur Edvard Grieg ?

Ecoutez ce podcast de Franck Ferrand sur Radio Classique

Un peu de lecture pour les curieux

Alors que la chanson de Solveig est l’une des plus connues de la musique classique, la vie de Grieg est restée longtemps méconnue. Jérôme Bastianelli a consacré une biographie au musicien, en évoquant sa vie, son œuvre mais aussi les liens avec l’histoire de la Norvège au XIXème siècle.

Edvard Grieg. Jérôme Bastianelli. Editions Actes Sud Musiques. 184 pages. 2025. 20 €.


Cendrillon de Sergueï Prokofiev

Avec Héros & Légendes, le 30 mai 2026 à l’église Sainte‑Bernadette de Caluire, l’Orchestre Symphonique de Lyon vous invite à plonger au cœur des récits qui façonnent notre imaginaire collectif.

Ce concert met en lumière des figures mythiques, des destins extraordinaires et des univers où la musique devient narration.
Au côté de nos autres Héros & Légendes — d’E.T. l’extra‑terrestre aux figures mythiques qui traversent les siècles — c’est tout naturellement que Cendrillon, sans doute le conte le plus universel qui soit, trouve sa place dans le programme.
Cendrillon de Sergueï Prokofiev s’impose comme un véritable joyau : un ballet où la poésie, l’humour et l’éclat orchestral réinventent le mythe de la jeune héroïne malmenée mais indomptable.
Et pour vous guider dans cette fresque scintillante, nous avons la chance de pouvoir compter sur Lorène, flûtiste au sein de l’OSL, qui vous propose ici une présentation détaillée de l’œuvre et de ses couleurs orchestrales.

Cendrillon : Un joyau du répertoire chorégraphique

Cendrillon de Prokofiev par l'Orchestre Symphonique de Lyon
Cendrillon de Prokofiev par l’Orchestre Symphonique de Lyon

Cendrillon de Sergueï Prokofiev s’impose comme l’un des joyaux du répertoire chorégraphique du XXᵉ siècle, un ballet où la poésie, l’humour et l’éclat orchestral se conjuguent pour réinventer l’un des contes les plus aimés de la littérature. Composé au cœur des années 1940, dans une période où l’Europe s’enfonce dans les tourments de la guerre, le ballet surprend par sa lumière intérieure : Prokofiev y déploie une musique vibrante, tendre et scintillante, comme un refuge enchanté contre l’austérité du monde réel. Créée en 1945, l’œuvre témoigne de cette incroyable capacité du compositeur à transformer les histoires les plus familières en univers sonores neufs, luxuriants et irrésistiblement narratifs.

🎨 Cendrillon : Une fresque vive et colorée

Le conte de Perrault, que chacun croit connaître, devient sous la plume musicale de Prokofiev une fresque vive et colorée. Cendrillon, jeune fille douce et rêveuse maltraitée par sa marâtre et ses demi-sœurs grotesquement prétentieuses, y retrouve toute sa force symbolique : celle de l’espérance patiente, du courage intérieur et du pouvoir de l’imaginaire. Mais plus encore que l’histoire, ce sont les personnages qui prennent vie à travers l’orchestre, chaque thème, chaque timbre semblant animé par une véritable présence scénique.

🎻 Cordes et bois : le monde intérieur de Cendrillon

Les cordes, soyeuses et frémissantes, enveloppent Cendrillon d’une aura de tendresse. Elles traduisent ses élans intimes, sa douceur résignée mais aussi sa poésie intérieure. À plusieurs moments du ballet, leur chant délicat semble presque suspendu, comme si l’orchestre retenait son souffle pour raconter ses pensées secrètes.
Les bois, eux, incarnent les rêves de la jeune héroïne : leurs arabesques fines, leurs couleurs veloutées évoquent l’évasion, les images qu’elle crée pour échapper à un quotidien humiliant. De la flûte qui s’envole à la clarinette qui murmure, ils dessinent un monde intérieur lumineux, fragile mais invincible.

🎺 Cuivres et bassons : la caricature des demi-sœurs

À ce raffinement répond, en contraste savoureux, le caractère comique et volontairement outré des demi-sœurs. Prokofiev confie leur grotesque aux cuivres et aux bassons : des attaques lourdes, des accents moqueurs, des lignes ondoyantes et déformées qui rappellent presque la démarche maladroite de ces personnages. Le compositeur manie la caricature avec un sens aigu du théâtre : on voit, on rit, on reconnaît immédiatement leur vanité sans qu’un seul mot soit prononcé.

✨ Figures de lumière : la Fée et le Prince

Et puis il y a les figures de lumière : la Fée, qui surgit dans les éclats du piano, rapide, brillant, presque irréel ; le Prince, porté par la noblesse chaleureuse des cors, dont le timbre rond et enveloppant raconte mieux qu’un poème la rencontre, l’attirance et la promesse d’un destin partagé. Dans la fameuse scène du bal, Prokofiev tisse une valse hypnotique, élégante, qui se colore peu à peu de tension jusqu’au moment où minuit sonne. Là, l’orchestre se précipite, haletant, dramatique : la féerie devient urgence, l’éblouissement vacille, et la magie orchestre un tourbillon irrésistible.

💫 Un enchantement intemporel

Toujours émouvant sans jamais céder au mièvre, Prokofiev équilibre subtilement émotion, virtuosité et humour. Cendrillon est un chef-d’œuvre de narration musicale, un ballet qui parle autant au cœur qu’à l’imaginaire. Servi par les plus grandes compagnies, du Bolchoï à l’Opéra de Paris en passant par le Royal Ballet, et régulièrement interprété par les grands orchestres symphoniques, il demeure un enchantement intemporel.

🎶 Invitation au voyage

Avec Héros & Légendes le 30 mai 2026 à Caluire, l’OSL vous invite à redécouvrir cette fresque sonore brillante et pleine d’esprit : un véritable voyage où l’on danse, où l’on rêve, et où la musique raconte ce que les mots ne peuvent plus dire.


A propos de Sergueï Prokofiev

Sergueï Prokofiev, compositeur de Cendrillon, portrait d’époque du photographe Pierre Choumoff

Compositeur majeur du XXᵉ siècle, Sergueï Prokofiev (1891‑1953) a marqué l’histoire musicale par son style immédiatement reconnaissable : énergique, lumineux, parfois ironique, toujours d’une grande inventivité. Formé en Russie avant de parcourir l’Europe et les États‑Unis, il a exploré tous les genres — du ballet à la symphonie, de l’opéra à la musique de film.
On lui doit des œuvres devenues incontournables, comme Pierre et le Loup, Roméo et Juliette ou Alexandre Nevski. Avec Cendrillon, il signe l’un de ses ballets les plus poétiques, où l’humour, la tendresse et l’éclat orchestral se mêlent pour donner vie à un conte universel.


Affiche du concert Héros & Légendes de l’Orchestre Symphonique de Lyon, mai 2026

Réservez dès maintenant vos places pour cette soiré unique

Infos & Billetterie

La Péri de Paul Dukas : un chef‑d’œuvre rare et flamboyant

La Péri de Paul Dukas est une œuvre fascinante du début du XXe siècle

Plonger dans Héros & Légendes le 30 mai 2026, c’est traverser ces récits où la musique devient le souffle même des grandes aventures humaines. Des figures mythiques, des quêtes impossibles, des destins qui basculent : ce programme réunit des œuvres où l’orchestre raconte, magnifie et éclaire ce que les mots seuls ne sauraient dire. Avec la flamboyante Fanfare de Paul Dukas en ouverture, l’Orchestre Symphonique de Lyon vous invite à entrer dans un monde où le merveilleux et l’héroïque se rejoignent.

Une oeuvre qui vous est présentée par Vérene, violoncelliste

Fanfare La Péri de Paul Dukas par l'Orchestre Symphonique de Lyon
Fanfare La Péri de Paul Dukas par l’Orchestre Symphonique de Lyon

La Péri de Paul Dukas

La Péri, chef-d’œuvre de Paul Dukas, a été commandée par Serge Diaghilev pour sa compagnie des “Ballets russes”, qui jouait un rôle absolument central dans la création artistique à l’époque. Finalement, le compositeur et le commanditaire se fâchent. Et c’est le 22 avril 1912 que l’œuvre est créée pour la première fois, à Paris lors d’un des « Concerts de danse » organisés par la danseuse, Natalia Trouhanova, maîtresse du compositeur et dédicataire de l’œuvre. 

Paul Dukas ajoute pour la création une nouvelle composition, une Fanfare introductive, rutilante et colorée (Fanfare pour précéder « La Péri ») qui est la pièce qui sera jouée par l’Orchestre Symphonique de Lyon lors de ce concert.

La Péri, une oeuvre inspirée d’un vieux conte persan

Le «poème dansé» La Péri s’inspire des aventures d’Iskander (Alexandre le Grand en français).

Dance cette légende persane, le prince part à la recherche d’une fleur qui lui confèrera une jeunesse immortelle et l’immortalité. Après de nombreux voyages, il découvre la fleur dans la main d’une péri, une sorte de créature féérique dont il tombe amoureux. Profitant du sommeil de celle-ci, il lui dérobe le lotus enchanté. Lorsque la Péri ouvre les yeux, elle décide d’envouter Iskender pour récupérer la fleur en dansant. Leurs visages se rapprochent et Iskender restitue la fleur en échange d’un baiser. La Péri disparaît alors dans la lumière dorée du crépuscule. Iskender sent alors l’ombre de la mort l’entourer, et comprend qu’il a sacrifié sa propre vie.

Un chef d’oeuvre qui a failli disparaître

Public et critiques font un triomphe à La Péri. Pourtant, La Péri a bien failli disparaître à cause du perfectionnisme presque maladif de Paul Dukas. Après avoir achevé l’œuvre en 1911, le compositeur la juge indigne d’être conservée, au point d’envisager de jeter la partition. La Péri échappe de peu à la destruction, grâce à l’intervention de Vincent D’Indy.


Paul Dukas, un compositeur exigeant

Paul Dukas, compositeur de La Péri
Paul Dukas, compositeur de la Péri

Paul Dukas entre au Conservatoire de Paris à quatorze ans pour étudier le piano puis la composition. Démotivé par des semi-échecs au prix de Rome, il décide d’arrêter ses études, part au service militaire et se livre à «des occupations très antimusicales».

Ses premières œuvres rencontreront d’abord un faible succès. A 25 ans il quitte le conservatoire et devient un critique musical prolifique avec près de 400 articles entre 1892 et 1905.

Le succès arrive en 1897 avec l’Apprenti Sorcier puis son opéra Ariane et Barbe-Bleue.

En 1910, Dukas se lance dans l’enseignement au Conservatoire de Paris. Il sera chargé de la classe d’orchestre, puis inspecteur de l’enseignement musical et enfin directeur de la classe de composition et d’orchestration.

En 1912, Paul Dukas décide de ne plus publier sa musique, un choix ferme qu’il tint jusqu’à sa mort.

Le savez-vous ?

L'œuvre de Dukas se résume aujourd'hui en seulement cinq heures de musique. Insatisfait chronique, il avait pour habitude de détruire sans hésiter les œuvres qui ne correspondaient pas exactement à son idéal artistique. 

Peu avant sa mort à Paris le 17 mai 1935, le compositeur laisse une dernière remarque, assez cryptique à propos de son œuvre musicale : « La bouteille que j'ai lancée à la mer ? Je ne m'illusionne guère sur le nombre de ceux qui auront déchiffré le message qu'elle contenait. »

Pour écouter la  Fanfare pour précéder « La Péri » sur Deezer

https://www.deezer.com/us/track/145063470

En savoir plus sur Paul Dukas

https://pad.philharmoniedeparis.fr/0043731-biographie-paul-dukas.aspx?_lg=fr-FR

En savoir plus sur La Péri

https://pad.philharmoniedeparis.fr/pad/doc/CIMU/0827979/la-peri


Découvrez le fanfare qui précède la péri de Dukas le 30 mai

Œuvre singulière, fragile et lumineuse, La Péri continue de fasciner par son imaginaire, sa virtuosité et son histoire mouvementée. La fanfare qui la précède résonnera pour Héros & Légendes à Lyon Caluire le 30 mai 2026, offrant une occasion unique d’entendre cette page rare du répertoire. Laissez-vous emporter par la magie de Paul Dukas et découvrez toute la richesse de cette œuvre intemporelle.

E.T. l’extra-terrestre : L’envol symphonique de John Williams

Qu’est‑ce qu’un héros ?
Dans Héros & Légendes, nous explorons des figures qui, chacune à leur manière, nous élèvent, nous transforment ou nous bouleversent.
E.T. l’extra‑terrestre fait partie de ces héros inattendus : un être vulnérable dont la simple présence révèle le courage, l’amitié et l’humanité.
La musique de John Williams en fait une véritable icône moderne, digne de rejoindre les grandes légendes du répertoire.

Miguel, Tubiste a l’OSL vous invite ici à redécouvrir cette œuvre culte et la puissance émotionnelle de sa bande originale…

E.T. l’extra-terrestre : L’envol symphonique de John Williams

E.T l'Extraterestre de John Williams au programme de Héros & Légendes par l'Orchestre Sumphonique de Lyon
E.T l’Extraterestre de John Williams au programme de Héros & Légendes par l’Orchestre Sumphonique de Lyon

Une silhouette de vélo passant devant une lune immense… 

Il suffit de cette image iconique pour que résonnent instantanément en nous les premières notes de l’un des thèmes les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Cette saison, l’OSL vous invite à redécouvrir la magie pure de la partition d’E.T. l’extra-terrestre, le chef-d’œuvre de Steven Spielberg (1982).

John Williams, architecte des rêves

Un destin tracé dans les studios

John Williams, compositeur de rêves

Né en 1932 à New York, John Williams n’est pas arrivé à Hollywood par hasard. Fils d’un percussionniste de jazz, il commence sa carrière comme pianiste de studio (on l’entend d’ailleurs jouer dans la célèbre musique de la série Peter Gunn). Sous le pseudonyme de « Johnny Williams », il fait ses armes à la télévision avant de devenir, dans les années 70, le compositeur attitré des plus grands succès du cinéma mondial.

Le sauveur de l’orchestre symphonique

Dans les années 1970, la mode est aux musiques de films électroniques ou pop. C’est John Williams qui, avec Les Dents de la Mer (1975) puis Star Wars (1977), impose de nouveau le grand orchestre symphonique au cœur de l’expérience cinématographique.

Son style est souvent qualifié de « néo-romantique ». Il puise son inspiration chez les grands maîtres de la fin du XIXe siècle comme Wagner, Tchaïkovski, Holst ou Mahler, tout en y injectant une modernité et un sens de la mélodie qui n’appartiennent qu’à lui.

L’art du « Leitmotiv »

La grande force de Williams est sa maîtrise du leitmotiv: chaque personnage, chaque idée importante possède son propre thème musical.

Dans E.T., la musique devient littéralement la voix du héros.
Puisqu’il parle très peu, c’est l’orchestre qui exprime sa peur, sa solitude, sa curiosité et sa joie. La partition accompagne ainsi chaque étape de son amitié avec le jeune Elliott.
La musique ne se contente pas d’illustrer l’image : elle raconte l’histoire.

John Williams : Un compositeur au sommet

La carrière de John Williams est tout simplement vertigineuse :

  • 54 nominations aux Oscars (juste derrière Walt Disney).
  • 5 Oscars, 
  • 4 Golden Globes,
  • 25 Grammy Awards,
  • Une collaboration de plus de 50 ans avec Steven Spielberg.

Malgré ce statut exceptionnel, Williams reste un artisan de la musique : il compose encore aujourd’hui à la main, sur papier, loin des outils numériques. Cette approche humaine se ressent dans chaque phrase musicale.

E.T : Une histoire universelle

Le film raconte la rencontre entre Elliott, un jeune garçon solitaire de 10 ans, et une créature perdue sur Terre, aussi effrayée qu’intelligente. La musique de Williams capture avec une justesse inouïe l’innocence de l’enfance, l’émerveillement de la découverte, mais aussi le déchirement inévitable des adieux.

La partition est riche en leitmotivs (thèmes récurrents associés aux personnages), une technique héritée de l’opéra wagnérien que Williams maîtrise à la perfection. On y trouve des textures mystérieuses pour l’alien, des moments de tendresse infinie, et bien sûr, des explosions orchestrales d’aventures.

Le miracle du « Flying Theme »

Le sommet de l’œuvre est sans conteste la séquence finale, souvent appelée « L’Aventure sur Terre » ou « Flying theme » , la célèbre poursuite en vélos qui mène à l’envol. Cette pièce de 15 minutes est un tour de force symphonique.

 Fait rarissime dans l’histoire du cinéma : Spielberg, bouleversé par la musique, décida de remonter entièrement la scène pour qu’elle épouse parfaitement le rythme de la partition. Ici, c’est la musique qui guide l’image, et non l’inverse.

E.T. : Un succès planétaire

Dès sa sortie, le film et sa musique connaissent un triomphe mondial, touchant toutes les générations.  La bande originale reçoit l’Oscar de la meilleure musique originale en 1983, ainsi que par un Golden Globe, un BAFTA et plusieurs Grammy Awards.

Aujourd’hui encore, elle figure régulièrement parmi les plus grandes musiques de film de tous les temps.

Une autre bonne raison de venir écouter l’OSL en concert : 

Entendre ces thèmes à l’écran est une chose. Les ressentir interprétés par un orchestre symphonique en direct en est une autre.

Les vibrations des cordes, la puissance des cuivres, la douceur des bois donnent à cette musique de John Williams une dimension physique et émotionnelle unique.

Lorsque le thème final s’élèvera, il sera sans doute difficile de ne pas ressentir une pointe de nostalgie…

Affiche du concert Héros & Légendes de l’Orchestre Symphonique de Lyon, mai 2026

Réservez vos billets sans attendre pour notre concert unique Héros & Legendes le samedi 30 mai 2026 à Caluire.

Introduction et Rondo Capriccioso de Camille Saint-Saëns

En 1858, le jeune Pablo de Sarasate, prodige du violon, fait la connaissance de Camille Saint-Saëns, alors émergent parmi les compositeurs français. Admiratif du talent du violoniste, Saint-Saëns lui dédie quelques années plus tard une œuvre qui deviendra un véritable défi technique pour tous les interprètes : Introduction et Rondo Capriccioso.
Composée en 1863, cette pièce mêle lyrisme et fougue, avec une introduction mélancolique suivie d’un rondo enflammé, où se succèdent arpèges éclairs et doubles cordes virtuoses. Son influence espagnole, portée par le jeu aérien de Sarasate, en fait une œuvre incontournable du répertoire violonistique.

L’Orchestre Symphonique de Lyon s’associe aux festivités du Bicentenaire de l’Institution des Chartreux et offrira un concert exceptionnel lors d’une soirée privée, le jeudi 22 mai 2025, au cœur de la chapelle. En plus de la 3e Symphonie avec orgue de Saint-Saëns, qui fera résonner l’orgue entièrement restauré de la chapelle des Chartreux, l’OSL interprétera également Introduction et Rondo Capriccioso, du même compositeur que notre violoncelliste Vérène vous présente ici.

Rondo Capriccioso de Camille Saint-Saëns
Rondo Capricioso de Camille Saint-Saëns

Introduction et Rondo Capriccioso : Une œuvre dédiée à Sarasate, un violoniste virtuose

Au milieu du 19ème siècle, le violoniste d’origine basque espagnole Martin Melitón Pablo de Sarasate y Navascués éblouissait le monde entier par ses talents musicaux et sa virtuosité. Ce musicien, plus connu sous l’abréviation de « Sarasate », était particulièrement réputé pour sa capacité à faire sautiller et virevolter son archet. Le violoniste, lui-même compositeur, a beaucoup écrit pour son instrument, mais également sollicité de nombreux musiciens pour écrire des œuvres à la hauteur de son talent. Parmi eux, on peut citer Hector Berlioz, Charles Gounod, Henryk Wieniawski, Max Bruch, Antonín Dvořák, Édouard Lalo et Camille Saint-Saëns.

Sarastase, le violoniste a qui Introduction et Rondo Caprioccioso a été dédié par Camille Saint-Saëns

Sarasate fait la connaissance de Saint-Saëns en 1858. Le violoniste n’a alors que quinze ans, mais est déjà un virtuose renommé, adulé des salles parisiennes. Saint-Saëns, flatté que le jeune violoniste le sollicite, lui dédie son Introduction et Rondo Capriccioso.

Saint-Saëns, un compositeur prodigieux

Camille Saint-Saëns, très célèbre pour son Carnaval des animaux ou sa Danse macabre, a composé pas moins de 600 œuvres, dont 13 opéras.

Né à Paris en 1835, il est, lui aussi, un prodige. Pianiste précoce, il donne ses premiers concerts à l’âge de dix ans.

Après avoir étudié au Conservatoire de Paris, il devient organiste titulaire à Saint-Merri, puis à La Madeleine où il restera pendant une vingtaine d’années. Admiré pour ses talents d’improvisateur, il est aussi extrêmement sollicité comme pianiste et compositeur.

Une œuvre aux influences espagnoles née d’une rencontre

En 1863, il compose pour Pablo de Sarasate cet Introduction et Rondo capriccioso à partir d’esquisses écrites alors qu’il préparait le concours de Rome, un concours de composition très prisé à l’époque. Il envisage d’en faire le mouvement final de son Premier Concerto pour violon, mais il décide finalement de publier le morceau de manière indépendante.

Un critique musical à l’époque décrit l’œuvre ainsi : « c’est une sorte de fantaisie-valse à l’espagnole, d’un gracieux effet ».

La pièce est en deux mouvements : une introduction lente, Andante malinconico, poétique et lyrique, puis une partie principale pleine d’énergie, avec une mélodie syncopée et de nombreux passages virtuoses, notamment la partie finale qui regorge d’arpèges très rapides et de passages chromatiques en doubles cordes.

Si ces défis techniques sont l’occasion pour Sarasate de briller, le morceau reflète aussi clairement la nationalité de l’interprète d’origine tant il est imprégné de cette passion typique de la musique espagnole, très en vogue à l’époque parmi les compositeurs français. Toute la palette du violoniste est mise à contribution, dans un subtil équilibre entre classicisme et fougue romantique.

« Si ma musique pour violon a eu tant de succès, c’est bien à lui que je le dois car il a été un moment le violoniste le plus en vue du monde entier et il jouait partout mes œuvres, inconnues encore. » ;

c’est en ces termes que le grand Camille Saint-Saëns rendra hommage quelques années plus tard à Sarasate qui devint son ami et à qui il dédia plusieurs de ses œuvres pour violon.

Introduction et Rondo Capriccioso est devenu une œuvre incontournable pour tout jeune violoniste voulant faire ses preuves. Claude Debussy écrira après avoir entendu l’œuvre : « Monsieur Saint-Saëns est l’homme qui sait le mieux la musique du monde entier ».

Introduction et Rondo Capriccioso sera joué avec note violoniste David Camus pour un unique concert privé le jeudi 22 mai 2025 pour le concert du Bicentenaire des Charteurx .

Ratatouille de Michael Giacchino, une symphonie culinaire !

Avec « Point d’Orgue à la Française » le 17 mai 2025 à Ainay, l’Orchestre Symphonique de Lyon met le raffinement de l’art Français à l’honneur. Comment ne pas célébrer la cuisine française à notre façon ?
Ainsi, au côté de la majestueuse 3e symphonie pour orgue de Saint-Saëns, nous avons choisi quelques musiques de films culte. Grâce à la musique du film d’animation Ratatouille de Michael Giacchino, c’est l’art culinaire français qui sera célébrer sur des rythmes jazzy et entrainants samedi 17 mai à Ainay sur une adaptation pour orchestre symphonique unique puisque nous la devons à Nicolas, tromboniste au sein de l’OSL.

Vous ne connaissez pas Ratatouille et son compositeur ? Priscillia, flutiste au sein de l’OSL vous propose d’en découvrir ici les moindres détails.

Découvrez la musique du film Ratatouille de Michael Giacchino, un hommage jazzy et joyeux à la gastronomie française, célébrée par l’Orchestre Symphonique de Lyon samedi 17 mai 2025 à Ainay pour Point d'Orgue à la Française.

Ratatouille, une joyeuse chevauchée dans les cuisines d’un grand restaurant parisien.

Un rat cuisinier, caché sous une toque de chef, dirigeant d’une main de maître sa marionnette humaine : cela vous rappelle quelque chose ? Rémy le rat dominant les pianos de cuisson du sommet de la tignasse rousse d’un commis malmené mais ravi ?

Au son de la joyeuse musique de Michael Giacchino, nous suivons les aventures du rat gastronome qui remet à l’honneur la simplicité des bons produits et la liberté d’invention. Ratatouille est un film d’animation américain qui rend hommage à la gastronomie française, mais également à l’art de la cuisine du quotidien. Vous verrez défiler de bons légumes, des fumets dont se régale notre sympathique petit rat de cuisine et bien sûr, la mythique ratatouille qui métamorphose un critique culinaire vampirique en charmant épicurien. Sous ses airs enfantins, ce film d’animation aborde de nombreuses réflexions sur les rapports humains et l’accomplissement de soi.

Venez écouter cette joyeuse musique qui vous donnera envie de filer au restaurant à l’issue du concert !

« Jamais on ne redira
Que la course aux étoiles, ça n’est pas pour moi
Laissez-moi vous émerveiller et prendre mon envol
Nous allons enfin nous régaler… »

Ratatouille de Michael Giacchino
Ratatouille de Michael Giacchino par l’OSL

Ratatouille : un hommage à la culture française et à l’univers culinaire

La musique du film Ratatouille, composée par Michael Giacchino, est un véritable hommage à la culture française et à l’univers culinaire. Elle mélange des éléments de jazz manouche, des accords d’accordéon typiquement parisiens, et des orchestrations classiques pour capturer l’essence de Paris et de la gastronomie. La chanson emblématique Le Festin, interprétée par Camille, illustre les rêves et les aspirations de Rémy, le rat-chef, avec des paroles poétiques et une mélodie enjouée.

Chaque morceau de la bande originale accompagne les émotions et les péripéties des personnages, renforçant l’immersion dans l’histoire. Par exemple, les thèmes musicaux évoluent pour refléter les moments de tension, de découverte ou de triomphe dans la cuisine. C’est une véritable « symphonie culinaire » qui a valu à Giacchino un Grammy Award.

Ratatouille, une fête des sens, marquée par la joie et la simplicité.

Ratatouille est un film d’animation américain réalisé par Brad Bird et Jan Pinkava en 2007 et produit par les désormais célèbres studios Pixar.
Le film raconte l’histoire de Rémy, tombé dans la mauvaise marmite : né rat, d’un père qui pense que « la nourriture est un carburant », il ne vit que par les odeurs et de fantasmatiques mélanges de saveurs. Au hasard des péripéties de sa famille, il se retrouve isolé dans les égouts, sous les cuisines d’un grand restaurant parisien « Chez Gusteau ! ». Rémy connaît ce grand chef étoilé, décédé à la suite de la perte de l’une de ses étoiles. Auguste Gusteau inspire tellement Rémy qu’il communique avec lui au-delà de la mort, grâce à son livre de recettes.

Pénétrant les cuisines du restaurant désormais dirigé par un chef tyrannique, Rémy va rencontrer et aider Alfredo à se faire une place en tant que cuisinier, mais également en tant qu’héritier, car Alfredo se révèle être le fils de Gusteau. Alors que le critique culinaire responsable à la fois de la perte de l’étoile de Gusteau et de sa mort, vient visiter le restaurant, le rat Rémy décide de lui cuisiner une ratatouille, plat qualifié de « rustique » ; mais la richesse et la délicatesse de ses saveurs vont éblouir le critique et le renvoyer au temps de son enfance. Devant la métamorphose opérée par le plat, Alfredo décide de révéler la vérité : le véritable chef est un rat. Alfredo et son acolyte Rémy prennent alors leur indépendance, créant un nouveau restaurant baptisé « Ratatouille ».

L’hommage à la cuisine française : inspiration et références

Le film, sous ses airs de film d’animation enfantin et merveilleux, est ancré dans la réalité et l’histoire de la gastronomie française. De véritables chefs comme Guy Savoy, Cyril Lignac ou encore Hélène Darroze qui a inspiré le personnage de Colette, l’acolyte de Rémy, ont été consultés pour le film. Le personnage d’Auguste Gusteau a été inspiré par plusieurs immenses chefs Français. Tout d’abord Bernard Loiseau, chef triplement étoilé qui s’est donné la mort en 2003 après une critique incendiaire ; mais aussi le chef étoilé lyonnais Paul Bocuse. Son nom est de plus un hommage à Auguste Escoffier, un autre monument de la cuisine française du tout début du XXe siècle. Il a d’ailleurs été le premier cuisinier à recevoir la Légion d’honneur en 1928.

Enfin, le décor du restaurant s’inspire du Train Bleu, célèbre restaurant gastronomique situé à l’intérieur de la Gare de Lyon. Construit en 1900 à l’occasion de la grande Exposition Universelle de Paris, c’est l’une des tables mythiques de la capitale.

Le film soulève de grandes thématiques : il dénonce la malbouffe, la cruauté des chefs avec leurs personnels, la cruauté des critiques culinaires. Le discours final et la métamorphose du critique Anton Ego plaide en faveur d’une cuisine faite de bienveillance, d’amour et de plaisir.

La musique de Ratatouille par Michael Giacchino : une partition qui élève les sens

La musique du film a été créée par Michael Giacchino, compositeur américain de musiques de séries comme Alias ou encore de jeux vidéo comme Call of Duty.

En 2004, Michael Giacchino collabore déjà avec Brad Bird et Pixar sur le film d’animation Les Indestructibles. Il compose pour l’occasion une gigantesque partition symphonique inspirée des musiques d’espionnage de John Barry sur les films James Bond.

On retrouve brièvement cette veine au début de Ratatouille, lors de la fuite de la colonie de Rémy, poursuivie par une propriétaire enragée et armée. Cependant, cette séquence musicale est une brève parenthèse dans une partition qui accompagne l’élévation et l’accomplissement du rat Rémy par une mélodie simple et joyeuse. Vous reconnaîtrez dès le solo de clarinette initial l’introduction du thème de la chanson « Le Festin » qui ponctuera chaque étape de l’élévation artistique de Rémy. Sera également entendue la musique du générique de fin qui illustre le succès du nouveau restaurant « Ratatouille ».

La musique est à l’image du film : une fête des sens, simple et joyeuse, qui préfère la célébration à la dénonciation !


Pour en savoir plus :


Retrouvez Ratatouille au programme de Point d’Orgue à la Française, samedi 17 mai 2025 à Lyon Ainay !

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Nous sommes impatients de vous retrouver Samedi 17 mai 2025 à 20h30 à l’abbaye d’Ainay pour ce Point d’Orgue en hommage à la France.

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La La Land de Justin Hurwitz

A chaque concert, l’Orchestre Symphonique de Lyon vous propose des œuvres connues ou moins connues pour rendre la musique symphonique accessible au plus grand nombre. A l’occasion de « Point d’Orgue à la Française » le 17 mai 2025 à Ainay, en plus de la majestueuse 3e symphonie pour orgue de Saint-Saëns, nous avons choisi quelques musiques de films culte. Avec La La Land de Justin Hurwitz, c’est un clin d’oeil au romantisme à la française que nous vous proposons.

Si La La Land se déroule à Los Angeles, son épilogue ne manque pas de rendre hommage à Paris. En effet, la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe font partie du décor, mais aussi un autre lieu parisien moins connu, le Caveau de la Huchette, club de jazz situé dans le 5ᵉ arrondissement de Paris

Scène visible à 1:54:08 du film. Découvrez l’analyse du montage de l’épilogue sur ce site
Epilogue de La La Land : Un final à la hauteur du cinéma.
Avec l’Épilogue de La La Land, Justin Hurwitz signe une suite symphonique qui fait revivre toute l’histoire de Mia et Sebastian en musique, sans un mot.
Un chef-d'œuvre moderne entre jazz, nostalgie et rêve.

Porté par l’envoûtante musique de Justin Hurwitz, l’Épilogue de La La Land nous emporte dans un monde où les rêves et les regrets dansent ensemble.
Une invitation à fermer les yeux... et à ressentir !
A ne pas manquer lors du concert de l'OSL le 17 mai 2025 à Ainay pour Point d'Orgue à la Française

La La Land : Une bande originale primée

La musique de La La Land a été composée par Justin Hurwitz et a remporté deux Oscars en 2017 : celui de la meilleure musique de film et celui de la meilleure chanson originale pour City of Stars. Elle est également saluée pour son rôle central dans l’atmosphère du film.

Hurwitz s’inspire des grands classiques du jazz et des comédies musicales hollywoodiennes pour créer une ambiance nostalgique et moderne à la fois. Les morceaux comme Another Day of Sun et City of Stars reflètent les rêves et les émotions des personnages principaux.

Justin Hurwitz, ami de longue date du réalisateur Damien Chazelle, a travaillé en étroite collaboration avec lui pour intégrer la musique au cœur de la narration. Chaque morceau est conçu pour renforcer les émotions et les thèmes du film.

Justin Hurwitz : Un prodige de la musique de film

Né le 22 janvier 1985 à Los Angeles, Justin Hurwitz est un compositeur américain reconnu pour ses collaborations avec le réalisateur Damien Chazelle. Leur partenariat a donné naissance à des chefs-d’œuvre cinématographiques tels que Whiplash (2014), La La Land (2016) et First Man (2018).

C’est à l’université d’Harvard qu’il a rencontré Damien Chazelle. Ensemble, ils ont développé une vision artistique unique, mêlant narration visuelle et musicale. Le style de Hurwitz se distingue par sa capacité à fusionner jazz, musique orchestrale et mélodies mémorables. Il puise son inspiration dans les comédies musicales classiques tout en apportant une touche moderne et émotionnelle.

Avec des œuvres comme Babylon (2022), Hurwitz continue de repousser les limites de la musique de film, consolidant sa place parmi les compositeurs les plus influents de sa génération.

La La Land de Justin Hurwitz

LA LA LAND : Des thèmes musicaux emblématiques pour un succès intemporel

La musique de La La Land continue d’inspirer et d’émouvoir grâce à sa capacité à capturer la magie du cinéma et la puissance des rêves. Elle est devenue un classique moderne.

La bande originale inclut des morceaux mémorables tels que :

  • City of Stars : Une mélodie douce et romantique interprétée par Ryan Gosling et Emma Stone.
  • Mia & Sebastian’s Theme : Un thème au piano qui symbolise leur histoire d’amour.
  • Epilogue : Une pièce orchestrale qui résume les rêves et les regrets des personnages et que nous vous proposons pour Point d’Orgue à la Française samedi 17 mai 2025

Épilogue de La La Land : Un final à la hauteur du cinéma.

L’Epilogue de La La Land est une œuvre orchestrale qui revisite les thèmes musicaux du film dans une suite symphonique captivante. Ce morceau, riche en émotions, illustre la fusion des rêves et des regrets des personnages, tout en mêlant jazz, piano et orchestrations grandioses.
Souvent considéré comme un hommage aux grandes comédies musicales, cet épilogue raconte, sans un mot, toute l’histoire de Mia et Sebastian à travers la musique. C’est une pièce idéale pour clore le film tout en transportant l’auditeur dans un voyage émotionnel.

La dernière scène Epilogue de La La Land

Lors du concert Point d’Orgue à la Française le 17 mai à Lyon Ainay, l’Orchestre Symphonique de Lyon interprétera cette œuvre envoûtante. Une invitation à ressentir la magie musicale de Justin Hurwitz.

Point d'Orgue à la Française, Toute la diversité du répertoire symphonique français par l'Orchestre Symphonique de Lyon en concert le 17 mai 2025 a Ainay

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La Soupe aux choux de Raymond Lefèvre

L’Orchestre Symphonique de Lyon met à l’honneur toute la diversité de la musique symphonique française pour cette saison 2024-2025. Avec notre concert « Point d’Orgue à la Française » le 17 mai 2025 à Ainay, l’OSL vous propose un éventail très large, de la 3e Symphonie pour orgue de Saint-Saëns jusqu’aux mélodies iconiques tirées des musiques de films culte. Parmi ces œuvres, l’OSL interprétera pour la première fois la célèbre partition de Raymond Lefèvre pour le film La Soupe aux choux.

La Soupe aux choux – Une symphonie gastronomique

Ah, La Soupe aux choux ! Dès les premières notes, la mélodie emblématique de Raymond Lefèvre s’infiltre dans nos esprits comme l’odeur d’un bon potage mijotant au coin du feu. Composée en 1981 pour le film éponyme de Jean Girault, cette musique, à la fois espiègle et nostalgique, est indissociable du duo légendaire formé par Louis de Funès et Jean Carmet, incarnant deux voisins ronchons, paisibles gardiens du lieu-dit « les Gourdiflots », dont la quiétude champêtre est soudain balayée par l’arrivée d’une soucoupe volante et de sa Denrée de pilote.

Présentation de La Soupe aux choux de Raymond Lefèvre pour POINT d'ORGUE à la Française le concert de l'Orchestre Symphonique de Lyon le 17 mai 2025
La Soupe aux choux de Raymond Lefèvre

La musique du film « La Soupe aux choux »

Sous son apparente simplicité, cette pièce est un petit chef-d’œuvre d’orchestration. Son thème principal s’ancre dans un rythme binaire dont la vigueur évoque davantage la bourrée auvergnate qu’un menuet mondain. La pulsation régulière insuffle l’énergie brute des fêtes de village, où l’on martèle le sol du talon en battant des mains au son d’un air obstiné. Derrière cette façade rustique, Raymond Lefèvre cisèle une orchestration aux nuances plus subtiles qu’il n’y paraît : de savantes modulations, de malicieux contrechants et d’habiles jeux de timbres confèrent à cette partition une saveur aussi inimitable que celle de la soupe légendaire.

Sous l’innocence du motif perce une étrangeté en retrait, un appel d’outre-monde qui affleure et se dérobe. À travers les textures sonores et les inflexions harmoniques, l’écho d’un ailleurs s’insinue, discret mais insistant. Et si l’on tend bien l’oreille, peut-être entendra-t-on, entre deux mesures (ou deux rasades de perniflard), le gargouillement rieur du cosmos, l’écho pétaradant d’une rencontre du troisième type.

François, Trombone basse de l'OSL vous a proposé cette présentation. Cela lui a inspiré ces quelques lignes. 

Mignonne, allons voir si le chou fermente…

Les choux en fusion déchirent l’éther
Fendant d’un trait d’or la voûte des airs

L’OSL en feu embrase la nuit
Le hautbois frémit sous l’onde qui luit

Le ciel éventré se tord et s’enflamme
Les cordes en deuil lacèrent les âmes

Un souffle infernal fait choir les colonnes
Le cosmos s’effondre au son des trombones

Un fracas brutal fend le temps, l’espace
L’Infini s’éteint dans un pet de basse

À propos de Raymond Lefèvre

Raymond Lefèvre (1929-2008)

Raymond Lefèvre (1929-2008)

Raymond Lefèvre (1929-2008) était un compositeur, chef d’orchestre et pianiste français, reconnu pour son style unique mêlant mélodies romantiques et orchestrations raffinées. Né à Calais, il a étudié au Conservatoire de Paris, où il a obtenu des prix en piano et en flûte. Sa carrière débute dans les années 1950, où il se fait remarquer comme pianiste de jazz avant de devenir un arrangeur et compositeur prolifique.
Raymond Lefèvre est surtout connu pour ses musiques de films, notamment celles des comédies mettant en scène Louis de Funès, telles que Le Gendarme de Saint-Tropez et La Soupe aux choux. Sa capacité à capturer l’essence d’une scène à travers des mélodies mémorables lui a valu une place particulière dans le cœur du public. Parmi ses œuvres les plus célèbres figure le thème « Soul Coaxing (Ame Caline) » écrit avec Michel Polnareff, qui a connu un succès international en 1968.


En parallèle, il a dirigé des orchestres pour des émissions télévisées populaires comme Le Palmarès des chansons de Guy Lux, et a accompagné des artistes de renom tels que Dalida et Claude François. Ses compositions, souvent empreintes de douceur et de nostalgie, ont marqué plusieurs générations et continuent d’être appréciées dans le monde entier, notamment au Japon, où il a connu une grande popularité.
Raymond Lefèvre reste une figure emblématique de la musique française, célébrée pour son talent à créer des œuvres intemporelles qui résonnent avec émotion et élégance.

Dans un entretien avec UnderScores, il évoque son sens mélodique et orchestral développé à travers ses collaborations avec Jean Girault, notamment pour des films comme La Soupe aux choux. Il décrit comment il a traversé différentes modes musicales, du rock psychédélique au disco, tout en restant fidèle à une approche mélodique et rythmique soignée. Si vous voulez en savoir plus sur Raymond Lefèvre, voici son interview


Retrouvez La Soupe aux choux au programme de Point d’Orgue à la Française, en concert le samedi 17 mai 2025 à Lyon

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Les Saltimbanques de Louis Ganne

Lors de notre concert « Point d’Orgue à la Française » le 17 mai 2025 à Ainay, vous découvrirez des compositeurs connus et d’autres moins célèbres qui font toute la diversité de la musique symphonique française. Après la majestueuse 3e symphonie pour orgue de Saint-Saëns, plongez dans l’univers de l’opéra-comique Les Saltimbanques du compositeur Louis Ganne.

Nicolas, tromboniste à l’OSL vous présente cet opéra, son ouverture et son compositeur peu connu.

Plongez dans l’énergie vibrante de l’opéra-comique Les Saltimbanque de Louis Ganne, interprété par l’Orchestre Symphonique de Lyon le samedi 17 mai 2025 à Ainay. Une ouverture courte mais intense, où valse, parade militaire et acrobaties musicales vous transportent sous le chapiteau du cirque !

Bienvenue au cirque avec Les Saltimbanques!

Dans son opéra-comique “Les Saltimbanques”, Louis Ganne nous propose de suivre Suzon, une jeune demoiselle devenue saltimbanque après avoir été recueillie enfant dans un cirque ambulant. Au programme de l’histoire : des amis, des amours et des… péripéties !

Les Saltimbanques de Louis Ganne

Une histoire pleine de rebondissements !

Les Saltimbanques” est un opéra-comique en trois actes et quatre tableaux.

Dans le premier acte, on découvre Suzanne, dite Suzon, recueillie enfant dans un cirque ambulant. On découvre également le reste de la troupe : Malicorne, le directeur du cirque ; Paillasse, le clown épris de Suzon; Manon, l’ancienne femme de chambre devenue lutteuse et Grand-Pingouin, l’hercule de la troupe et amant de Manon, lui aussi sensible aux charmes de Suzon.

Suzon, âgée de 17 ans lorsque se déroule l’histoire, éprouve beaucoup d’amitié pour ses deux compagnons, mais son cœur ne penche ni pour l’un ni pour l’autre ! Lors d’une mésaventure avec deux officiers, Suzon en rencontre un troisième, André de Langeac, un charmant lieutenant qui met fin à cette mésaventure. Suzon tombe amoureuse d’André. Plus tard, lors d’une parade, Malicorne lève sa cravache sur Suzon : Grand-Pingouin et Paillasse s’interposent, et toute la troupe décide de prendre la fuite !

Dans le deuxième acte, on retrouve nos saltimbanques en Normandie, avec le comte des Étiquettes et Madame Bernardin, sa supposée maîtresse. André de Langeac, qui est un ami du comte, et Malicorne, à la recherche des fuyards, refont aussi leur apparition ! Suzon et André se déclarent leur amour, et le comte des Étiquettes ayant sympathisé avec Suzon, décide de payer le dédit des Saltimbanques et de recueillir cette joyeuse troupe.

Dans le troisième acte, incroyable dénouement, Malicorne reconnaît que Suzon lui a été confiée par Madame Bernardin ! Le comte comprend alors que Suzon est sa fille ! Fin heureuse pour Suzon qui épouse même André ! Pour Paillasse, toujours épris de Suzon, c’est le cœur meurtri qu’il reprend la route qui va… et n’en finit pas…


L’ouverture des “Saltimbanques” pour « Point d’Orgue à la Française » le 17 mai à Ainay

L’OSL vous interprétera cette année l’ouverture de cet opéra-comique. Cette pièce est courte, mais intense !

Le morceau commence sur les chapeaux de roues avec des cordes et des bois sautillants, des cuivres rieurs, tout cela sur un tempo très enlevé. Nous voilà installés sous le chapiteau du cirque !
Puis Suzon débarque avec un premier moment de douceur.
Louis Ganne propose alors une valse douce, mais dynamique, sur laquelle nous imaginons danser la jeune Suzon.
Soudain, le clairon (ou plutôt la trompette) retentit et nous voilà au cœur d’une parade militaire. La joyeuse mélodie, jouée aux bois puis aux cordes, est soutenue par la cavalerie des cuivres, cymbales et caisse claire.

Est-ce l’arrivée du lieutenant André de Langeac ou bien Paillasse le clown qui se moque de ces célébrations militaires ?
Qu’importe, place à une autre valse interprétée par les cordes. Cette fois-ci, on a l’impression d’être sur un carrousel, comme pour représenter tous nos saltimbanques sur la piste.

Cette valse s’amplifie de mesures en mesures jusqu’à être déclamée par les violons dans sa dernière exposition, accompagnée de délicieuses réponses de bois.

La fin approche : tout s’accélère, les acrobaties s’enchaînent de part et d’autre, on ne sait plus où donner de la tête. Le thème est virevoltant !

Des derniers coups de canon (à confettis) sont joués par l’orchestre : un accord final majestueux résonne, et place maintenant au lever du rideau pour accueillir les Saltimbanques !


Louis Ganne (1862–1923)

Louis Ganne

Louis Ganne est né en 1862 dans une petite commune de l’Allier. Après la mort de son père, il déménage avec sa mère près de Paris et étudie dans une école chrétienne. Son talent pour la musique est très vite révélé : il écrit une messe à la fin du lycée puis entre au Conservatoire National où il obtient le premier prix en classe d’harmonie et le second prix en Orgue ! Promis au monde sérieux de la musique, Louis Ganne préfère se tourner vers de la musique plus légère. Il compose des chansons, des danses, des opéras-comiques, mais aussi de la musique militaire, style en vogue à cette époque. Il compose notamment la Marche Lorraine”, morceau très largement joué dans le répertoire militaire. Le Général De Gaulle qualifiait même cette marche de deuxième hymne national !

Hans, le joueur de flûte est une autre de ses œuvres majeures et dès la première de cette opérette, que Louis Ganne dirige lui-même sur la scène du Casino de Monte-Carlo, c’est un vrai triomphe !

Mais Les Saltimbanques”, reste l’œuvre que nous retenons de Louis Ganne et sera l’un de ses plus grands succès.


Pour en savoir plus sur l’opéra-comique Les Saltimbanques :
https://theatremusicaloperette.fr/les-saltimbanques-louis-ganne-1862-1923/

Pour en savoir plus sur Louis Ganne et ses œuvres : https://www.enoch-editions.com/fr/compositeur/ganne-louis


Retrouvez l’ouverture des Saltimbanques au programme de Point d’Orgue à la Française, le samedi 17 mai 2025 à Lyon

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3e Symphonie pour Orgue de Camille Saint-Saëns

Avec  « Point d’Orgue à la Française », notre prochain concert le 17 mai 2025 à Ainay, vous découvrirez toute la diversité de la musique symphonique française. Préparez-vous pour un moment suspendu où se rencontrent la puissance de l’orgue et le raffinement de l’art français. Pour la première fois, l’orgue d’Ainay résonnera avec l’OSL dans la monumentale Symphonie n°3 de Camille Saint-Saëns pour orgue et orchestre, interprétée par notre soliste invitée, Carine Clément.

Une présentation de cette 3e Symphonie pour orgue vous est proposée par nos musiciennes Amandine, Laure (violons) et Sophie (alto).

La Symphonie n°3 de Saint-Saëns : la symphonie de la modernité

La 3e Symphonie pour orgue en ut mineur de Camille Saint-Saëns, créée en 1886 à Londres, a immédiatement remporté un immense succès, confirmé lors de sa première à Paris. 
Ce chef-d'œuvre, célébré pour son originalité et ses émotions puissantes, combine orchestre symphonique, orgue et piano, une association rare. Saint-Saëns innove en intégrant le piano comme instrument d'orchestre, lui conférant un rôle dynamique inédit. Virtuose du piano et de l'orgue, il impressionne ses contemporains par son génie et dédie cette symphonie à son ami Franz Liszt, disparu peu avant la création.
3eme Symphonie pour Orgue de Camille Saint- Saëns

Une symphonie d’un succès immédiat

Composée en 1886, la Symphonie n°3 en ut mineur pour Orgue et orchestre de Camille Saint-Saëns a connu immédiatement un franc succès, tout d’abord en Angleterre où elle a été initialement commandée pour la Royal Philharmonic Society de Londres, puis lors de sa première française à Paris, lorsque Camille Saint-Saëns est de retour dans son pays natal.

L’audace d’une œuvre exceptionnelle et d’une orchestration innovante

Cette symphonie, la cinquième et dernière du compositeur (la numérotation « officielle » ignorant deux symphonies de jeunesse restées inédites), est incontestablement la plus ambitieuse: « Je vais faire dans cette terrible chose beaucoup d’expériences nouvelles », écrit Saint-Saëns à son éditeur. Très célèbre et appréciée aujourd’hui encore, elle sait conquérir son auditoire par la puissance des émotions qu’elle procure et par son originalité. Sa particularité majeure ? Rassembler au sein d’une même œuvre un orchestre symphonique, un orgue et un piano. Car si la sonorité de l’orgue est particulièrement adaptée à l’acoustique des églises, les formations symphoniques se plaisent idéalement dans les salles de concert. Il est ainsi peu répandu d’écouter ensemble cette diversité de timbres. Saint-Saëns innove également en faisant du piano un instrument d’orchestre, contrastant avec sa position habituelle de soliste, absent jusqu’à présent des effectifs symphoniques, mais lui faisant néanmoins interpréter des gammes très rapides qui viennent dynamiser l’orchestre. « Le compositeur pense qu’il est temps, pour la symphonie, de bénéficier des progrès de l’instrumentation moderne », précise-t-il dans le programme de la création.

Une structure en diptyque

Même si elle est découpée en quatre mouvements, la symphonie se présente comme un diptyque, les mouvements s’enchaînant deux à deux. Remarquez dans l’introduction lente la tenue des violons qui émerge du silence, les bois qui répondent par un motif de 4 notes, puis la transition vers l’allegro, sombre, avec un tremolo de cordes mystérieux. Essayez de reconnaître le 2ème mouvement, un adagio très expressif qui marque la première apparition de l’orgue, discret dans un premier temps, mais indispensable à la couleur générale. Repérez enfin l’entrée dans le finale, marquée par un accord impérieux (en ut majeur) de l’orgue.

Camille Saint-Saëns (1835 – 1921)

Si Saint-Saëns nous invite à cette expérience inédite, c’est en raison de sa passion pour l’orgue et le piano.  À 11 ans, il était déjà virtuose du piano et donnait ses deux premiers concerts salle Pleyel à Paris. À 25 ans, il avait déjà écrit trois symphonies, un oratorio, un quintet et un concerto pour violon. De nature curieuse, il écrivait des vers, s’intéressait aux sciences et à la philosophie et sa mémoire était prodigieuse.

À 18 ans, il fut nommé organiste de l’église Saint-Merry (Paris 4e). Quatre ans plus tard, il deviendra titulaire de l’orgue de la Madeleine et y jouera durant 20 ans.

Excellent pianiste et organiste, Saint-Saëns faisait l’admiration de ses contemporains, tels Berlioz, Liszt, Wagner ou Bizet, impressionnés notamment par ses improvisations prodigieuses. La pratique instrumentale poussée à l’excellence n’était d’ailleurs pas son seul talent. Saint-Saëns se considérait comme un classique, mais il aura marqué son époque par le caractère novateur de ses compositions, avec notamment ses poèmes symphoniques : œuvres généralement pour orchestre symphonique pour laquelle le compositeur s’inspire d’un sujet non musical (littéraire, philosophique, historique, poétique, pictural). Saint-Saëns a abordé tous les genres et s’est inspiré de tous les styles, mais bien que grand pianiste, il n’a écrit que des concertos pour piano et n’a pas laissé d’œuvre très significative pour le piano seul.

Mort à 86 ans en 1921, il n’a cessé durant sa vie entière de composer avec facilité et constance. Il disait d’ailleurs : « Je produis des œuvres pour accomplir une fonction de ma nature, comme un pommier produit des pommes ».

C’est au sommet de sa gloire que Saint-Saëns compose sa 3e Symphonie pour orgue, dédiée à Franz Liszt, auquel le liait une admiration réciproque et qui s’était éteint peu avant la création, ayant juste le temps d’accepter la dédicace.

Retrouvez la 3e Symphonie pour orgue au programme de Point d’Orgue à la Française, samedi 17 mai 2025 à Lyon Ainay !

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Nous sommes impatients de vous retrouver Samedi 17 mai 2025 à 20h30 à l’abbaye d’Ainay pour ce Point d’Orgue en hommage à la France.

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