L’Orchestre Symphonique de Lyon vous propose pour cette saison 2023-2024 de découvrir la célèbre ouverture de l’opéra comique La pie Voleuse de Rossini
Ninetta, jeune servante, doit se marier au fils de la famille qui l’emploie. Ce n’est pas du goût de la maîtresse de maison et lorsqu’une pie vole des couverts en argent, c’est elle qui est accusée…
La Pie Voleuse (La Gazza Ladra)
La Pie Voleuse (titre original : La gazza ladra) est un opéra italien en deux actes de Gioachino Rossini créé en 1817. Le livret de Giovanni Gherardini est une adaptation d’une pièce de théâtre contemporaine (1815) de Théodore Baudouin d’Aubigny et Louis-Charles Caigniez : La Pie voleuse, ou la Servante de Palaiseau. L’opéra raconte l’histoire de Ninetta, une servante accusée à tort de voler une cuillère en argent appartenant à son maître Fabrizio, alors que la coupable est en fait une pie. Ninetta est condamnée à mort, mais elle sera sauvée in extremis grâce à l’intervention de son père Fernando, un soldat déserteur, et à la capture de la pie voleuse.
L’ouverture de La Pie Voleuse est l’une des plus célèbres et des plus appréciées du répertoire rossinien. Elle commence par un solo de caisse claire qui évoque le roulement du tambour militaire, suivi par une introduction lente et solennelle qui annonce le drame à venir. Puis, le tempo s’accélère et la musique devient plus légère et plus vive, avec des thèmes mélodiques et rythmiques qui illustrent le caractère espiègle et malicieux de la pie. L’ouverture se termine par une brillante coda qui reprend le thème principal.
Découvrez la vie foisonnante d’un marché oriental avec « Sur un Marché Persan » de Ketèlbey au programme de la saison 2023-2024 de l’Orchestre Symphonique de Lyon. Saviez-vous que ce morceau a inspiré plusieurs chanteurs de la musique pop ? On vous raconte tout ici !
Albert KETELBEY (1875-1959)
Albert Ketèlbey est un compositeur et chef d’orchestre britannique au parcours atypique. Musicien multi-instrumentiste surdoué dès l’enfance, il compose sa première sonate pour piano à 11 ans et joue également du violoncelle, de la clarinette, du hautbois, et du cor !
Il mène une carrière prestigieuse qui lui assure une posture confortable, tant sur le plan honorifique que lucratif :
organiste, pianiste et même directeur d’un théâtre de vaudeville, ou chef d’orchestre d’une compagnie de comédie musicale.
Il compose surtout entre les années 1912 et 1931, et laisse à la postérité principalement des œuvres orchestrales inspirées d’orientalisme, et de pièces d’atmosphère, dans la lignée d’Edward Edgar ou de Rimski-Korsakov.
L’Orchestre Symphonique de Lyon vous présente Sur un marché persan de Ketelbey
Sur un Marché Persan (1920)
Sur un Marché Persan est représentatif de son style d’orchestration colorée, musique légère, brillante et exotique. Cette œuvre a été jouée pour la première fois en 1920. A cette époque où le cinéma était encore muet, cette pièce de 7 mn déroule de façon narrative et picturale six scènes à forte évocation visuelle :
Ainsi la première image est celle de l’entrée de la caravane des chameliers, sur un crescendo chaloupé, scintillant de timbres aigus, mimant le passage d’un arrière à un avant-plan. Suit le chant des mendiants faisant l’aumône soutenu par le chœur entonnant des « bakshish » évocateurs. La gamme asiatique prend la forme d’un refrain. La belle princesse arrive, dansante, sur un thème plus léger, lyrique, incarné par les timbres suaves de la clarinette et des violoncelles. S’ensuivent un numéro de jongleur, illustré par des traits ascendants rebondissants puis celui des charmeurs de serpents très mélodiques. Enfin arrive le calife, solennel, visitant le marché, sur le déploiement des cuivres et des grelots, aux sonorités orientalistes. La scène se clôt sur le mélange du chant des mendiants, de la danse de la princesse, de la caravane des chameliers qui s’éloigne, le marché se vidant peu à peu.
Les mélodies de Sur un Marché Persan reprises jusque dans la musique pop !
L’œuvre a laissé des traces posthumes dans la musique de la deuxième moitié du XXème siècle, tant dans la musique jamaïcaine (Persian cat), que la musique de film (Claude Chabrol). Elle a pu être reprise par des artistes français tels que Joe Dassin et Serge Gainsbourg, ainsi que par des groupes rock plus contemporains comme Muse ou Takeshi terauchi and the bunnies au Japon…
Une des mélodie de Sur un Marché Persan dans cette chanson de GAINSBOURG
Sur un Marché Persan par l’Orchestre Symphonique de Lyon en concert
Retrouvez « Sur un marché Persan » de Ketèlbey par l’Orchestre Symphonique de Lyon lors de notre concert du 6 Avril 2024 à Charlieu et du 15 Juin à Lyon.
Un orchestre moderne et dynamique depuis plus de 75 ans !
En plus de 75 ans, l’Orchestre Symphonique de Lyon, association fondée en 1947 et composée de plus de 75 musiciens amateurs, diversifie son programme, mêlant la musique classique aux œuvres contemporaines, couvrant ainsi différentes époques et différents styles musicaux. Rendre accessible la musique symphonique au plus grand nombre, dans les grandes villes comme en milieu rural, pour les petits et les grands est une de nos missions.
La diversité sera toujours au cœur de notre programmation, mettant en évidence tout l’éventail de musique possible en orchestre symphonique.
Nous croyons en la puissance de la musique pour rassembler les personnes de tous horizons.
Il est temps à notre logo d’incarner ce dynamisme et cette modernité.
Nous sommes heureux de vous présenter aujourd’hui cette nouvelle identité.
Dans cet article, on vous dit pourquoi l’oeuvre s’appelle Rhapsody in Blue. Mais tout d’abord, qui était George Gerswhin ?
George Gerswhin
1898-1937
compositeur
Issu d’une famille juive d’origine russe, George Gershwin (1898-1937) grandit à Brooklyn, le quartier des immigrés de New York. Il y découvre des styles de musique variés, tels que le jazz et le ragtime et s’initie au piano sur le vieil instrument de son frère. Jouant naturellement avec beaucoup de facilité, ses parents décident de lui faire prendre des cours. A l’âge de quinze ans, il est engagé comme « song-plugger », chargé d’interpréter des partitions pour les acheteurs potentiels. Il commence à se faire connaître et apprécier pour sa personnalité musicale. Il améliore par ailleurs sa technique et apprend à improviser et transposer instantanément. Les commandes de compositions commencent à se multiplier.
C’est Rhapsody in Blue, composée à 26 ans, qui le rendra célèbre par son caractère original, un mélange de musique classique et de jazz. Gershwin jonglera toute sa vie entre ces deux genres. Il décède à 38 ans d’une tumeur au cerveau, laissant derrière lui plus de deux cents chansons et une cinquantaine de comédies musicales.
Rhapsody in Blue, composée en 1924
Inspiré depuis son enfance par le jazz, Gershwin compose Rhapsody in Blue en 1924.
Ce concerto jazz pour piano est une commande du chef d’orchestre Paul Whiteman, persuadé que le jazz est en train d’initier un nouveau mouvement dans le monde de la musique. Whiteman entend ainsi faire reconnaître ce genre et ses évolutions auprès du public et des critiques.
En plein travail d’écriture d’une comédie musicale (Sweet Little Devil) qui va être donnée fin janvier 1924, Gershwin dispose d’un délai très court pour écrire le concerto jazz pour piano qui sera joué un mois plus tard. Il compose hâtivement les mélodies et les thèmes principaux, mais n’a pas le temps d’orchestrer son œuvre. C’est Ferde Grofé, l’arrangeur de l’orchestre de Paul Whiteman, qui se rendra chaque jour chez Gershwin pour chercher la version pour deux pianos, avec les indications d’instrumentation, et qui réalisera une orchestration spécialement destinée à l’ensemble de Whiteman.
Le frère de Gershwin, également son parolier, proposera de l’appeler Rhapsody in Blue, l’œuvre n’étant écrite ni en majeur ni en mineur, mais tournant plutôt autour de la note « bleue » (la « blue note » des jazzmen).
Rhapsody in Blue est écrite ni en mode majeur ni en mode mineur, mais tourne plutôt autour de la note « bleue » (la « blue note » des jazzmen)
Un concerto jazz et classique
Lorsque Whiteman commande ce concerto jazz, Gershwin veut composer une œuvre qui soit un parfait mélange entre musique classique et jazz. A la différence d’un concerto classique, qui possède trois parties distinctes, elle sera constituée d’un seul mouvement prolongé, caractéristique d’une rhapsodie. Il la met en musique avec un big band de jazz, composé de saxophones, clarinettes, trompettes. A cela, il ajoute une batterie et seulement huit violons.
Rhapsody in Blue_ Illustration – Oil painting of Madison Square Park in New York, 1920 – painted by Thomas Hart Benton
Bien qu’il compose les mélodies et les thèmes principaux, Gershwin improvise sans partition ses solos au piano lors de la première représentation.
L’interprétation de l’ouverture de la rhapsodie par le clarinettiste solo est déterminante pour l’œuvre. Celle-ci commence par un trille (deux notes conjointes répétées en alternance et de manière rapide), suivi d’un legato, que le clarinettiste jouera en glissando.
Le reste de l’œuvre est un dialogue entre les solos de piano intenses et rythmés et les mouvements orchestraux lents, riches et amples. Les rythmiques et les styles contrastés, parfois cyclothymiques, donnent à cette rhapsodie son caractère si singulier et novateur.
Découvrez une version historique de cette Rhapsody in Blue
de Warren Casey et Jim Jacobs arrangé par Calvin Custer
Grease, son histoire, sa version par notre orchestre en confinement et le medley phare de notre spectacle Symphonic Music'All, hommage aux comédies musicales : on vous dit tout dans ces quelques lignes !
Est-il encore utile de vous raconter l’histoire de ce grand classique qu’est Grease ?
Amours, haines, joies, peines… Greaseraconte le quotidien des adolescents des années 50 aux Etats-Unis.
GREASE, un grand classique musical
En 1958, c’est la rentrée scolaire au lycée de Rydell High. Danny Zuko (John Travolta), jeune rebelle, gominé et fan de voitures, est surpris de retrouver Sandy Olson (Olivia Newton-John), une Australienne timide et romantique, qu’il a fréquentée pendant l’été. Les deux amoureux pensaient ne jamais se revoir et n’arrivent pas à exprimer leurs sentiments en se retrouvant dans le même lycée dans deux clans que tout oppose: les T-birds et les Pink Ladies.
La comédie musicale est imaginée par deux amis, Warren Casey et Jim Jacobs. Le spectacle est produit en 1972 à l’Eden Theatre à Broadway où il est repéré par Allan Carr qui en fera un succès cinématographique en 1978.
On retrouve dans les chansons et dans
l’interprétation de Travolta un hommage au Rock’ n’roll, au Doo Wop et à Elvis
Presley. La bande originale s’est vendue à 28 millions d’exemplaires dans le
monde avec des tubes tels que Summer Nights,Grease is the world
ou encore You’re the one that I want.
Et oui, car avant d’être un succès au cinéma en 1978 , Grease est bien un spectacle musical datant de 1971 et nommé dans 7 catégories aux Tony Awards de 1972 dont meilleure comédie musicale et meilleur livret .
La comédie musicale aura été jouée sans interruption depuis 1972 jusqu’en 1980, après 3 388 représentations consécutives. A Londres, elle reprend en 1993 et est jouée jusqu’en 1999. La comédie musicale est remontée à Broadway, en 1994, pour 1 505 représentations. Une tournée nationale américaine s’ensuit sur plusieurs années. Et cela ne s’arrête pas là. Par la suite, de nouvelles productions ont lieu a Broadway, Londres, Chicago … et également Paris en 2008 puis 2018 à 2019.
Bref nous ne pouvions pas imaginer un hommage aux comédies musicales sans cette pièce phare à travers notre MEDLEY GREASE adapté pour Orchestre Symphonique par Calvin Custer.
Symphonic Music’All, Lyon Broadway avec escale – Radiant Bellevue – 29 mai 2021
Grease version Confinement par l’Orchestre Symphonique de Lyon
Notre concert « SYMPHONIC MUSIC’ALL Lyon Broadway avec escales » a été reporté en raison du coronavirus au 29 mai 2021 au Radiant-Bellevue . Toutefois, quelques musiciens de l’OSL étaient impatients de vous jouer un extrait de GREASE en confinement.
Grease version concert par l’Orchestre Symphonique de Lyon au Radiant-Bellevue le 29 mai 2021
Nous espérons que ce petit extrait confiné avec une poignée de musiciens vous fera patienter jusqu’à notre version concert avec les 80 musiciens de l’Orchestre Symphonique de Lyon. Version exclusive pour ce concert au Radiant-Bellevue.
Giuseppe Fortunino Francesco Verdi aura marqué le XIXe siècle et l’Italie par son travail engagé. Il aura su mettre son image et ses œuvres au service de ses convictions politiques : la révolte contre l’occupation autrichienne sur le territoire italien pour obtenir la réunification de la péninsule.
Son nom marque également son engagement patriotique car il s’agit d’un acronyme qui signifie « Viva Vittorio Emmanuele Re d’Italia ». Les spectateurs ont pu ressentir, à travers sa musique, l’idée de communauté et d’unité qui cherche à être exprimée à travers une démarche artistique. Cela s’illustre par ses célèbres choeurs d’opéras qui donnent la parole au peuple et seront chantés partout. Cela fera de Verdi un compositeur de renommé. D’ailleurs, lorsque l’Italie regagne son indépendance en 1870, il est considéré comme un héros national et occupe un siège au Parlement.
Le répertoire de Verdi est composé essentiellement d’art lyrique, avec de nombreux thèmes inscrits dans la culture populaire. On pense notamment à La donna è mobile de Rigoletto, Va, pensiero de Nabucco mais également la Marche triomphale d’Aida. Ses œuvres auront marqué l’histoire du théâtre musical, avec des livrets basés sur des œuvres de grands auteurs comme Victor Hugo ou William Shakespeare. En terme de composition musicale, on assiste à un flot continu de musique au service du drame lyrique et au développement de la technicité dans les parties vocales et instrumentales. Quant à la musique sacrée, Verdi s’y est attelé en 1869 après la mort de Rossini. Il s’agit d’un Requiem composé collectivement par tous les célèbres musiciens italiens de l’époque. En ressort le Libera me que l’on retrouvera plus tard, en 1874, dans la messe de Requiem en hommage à son ami, le poète Alessandro Manzoni. Verdi lui vouait une grande admiration et ils partageaient ensemble l’engagement pour l’unité italienne.
Ce Requiem de concert suit la liturgie catholique romaine avec sa structure en sept parties, accordant une place prépondérante à la séquence du Dies irae, dont les dix numéros s’enchaînent sans interruption :
1. Requiem (soli et chœur)
2. Dies iræ (chœur), Tuba mirum (basse, chœur), Mors stupebit (basse), Liber scriptus (mezzo, chœur), Quid sum miser (soprano, mezzo, chœur), Rex tremendae (soli, chœur), Recordare (soprano, mezzo), Ingemisco (ténor), Confutatis (basse, chœur), Lacrymosa (soli, chœur)
John WILLIAMS est un compositeur américain né en 1932. Il commence sa carrière comme pianiste de jazz. En parallèle, ses talents d’arrangeur et de chef d’orchestre développés à la Juilliard School of New York et dans l’US Air Force lui permettent de débuter à Hollywood. C’est là qu’il rencontre les plus grands compositeurs de musique de film de l’époque.
Il commence par composer la bande originale de Superman et noue une relation particulièrement fructueuse avec Steven SPIELBERG. Il lui composera, entre autres, les bandes originales des Dents de la mer, celle d’Indiana Jones et celle de E.T.
John Williams composera aussi pour George LUCAS (Stars Wars) et laissera son empreinte sur les trois premiers flms d’Harry Potter, le célèbre sorcier.
Un medley Hommage à John Williams arrangé par Paul LAVENDER
Tribute to John Williams – Orchestre Symphonique de Lyon
Arrangée par Paul LAVENDER, un compagnon de route de John WILLIAMS, la pièce interprétée par l’Orchestre Symphonique de Lyon est un hommage à ce compositeur de génie, mult oscarisé.
Ce medley a été créée pour le Kennedy Center, une institution chargée de distinguer les artistes américains de renommée internationale, lors de sa cérémonie de récompense.
On y rencontre successivement des extraits des bandes originales de Stars Wars, les Dents de la mer, Superman, Harry Poter, Indiana Jones et E.T.
Retrouvez cet Hommage à John Williams par l’Orchestre Symphonique de Lyon en concert :
Docteur Jivago (Doctor Zhivago) est un film sorti en 1965 et réalisé par David Lean.
Il demeure célèbre pour ses décors et costumes grandioses mais principalement pour sa musique culte, composée par Maurice Jarre.
Maurice Jarre est né à Lyon en 1924 et décédé en Californie en 2009.
Maurice Jarre
Il a débuté sa carrière musicale en tant que timbalier mais il va très vite s’intéresser à la composition. Il commencera à composer pour le théâtre et deviendra même directeur du Théâtre National Populaire pendant une dizaine d’années.
C’est dans les années 50 qu’il
orientera sa carrière vers la musique de film : d’abord pour des courts
métrages puis plus tard pour des longs métrages.
Sa renommée sera grande au début des années 60 et c’est là qu’il fera carrière à Hollywood grâce notamment à la musique des films Lawrence d’Arabie (1962) et Docteur Jivago (1965).
Il composera d’autres musiques de
films à grands succès par la suite : Soleil rouge, Witness, Le cercle des
poètes disparus et Ghost.
Le thème de Lara (Lara’s theme) est sans doute l’un des thèmes les plus inoubliables de Maurice Jarre. Il est joué de différentes manières et de façon récurrente dans l’intégralité du film Docteur Jivago. Avec une écriture orchestrale très étoffée, Maurice Jarre a composé un morceau mêlant musique symphonique à la fois romantique et sombre et parties instrumentales pouvant rappeler le folklore russe.
C’est ce thème que nous vous proposons de découvrir avec
l’Orchestre Symphonique de Lyon.
Retrouvez Dr Jivago de Maurice Jarre par l’Orchestre Symphonique de Lyon en concert :
Oeuvre phare de notre répertoire « Classique en Russie » à la frontière de la musique de film
Modeste Petrovitch Moussorgski né le 21 mars 1839 et mort le 16 mars 1881 est un compositeur russe célèbre pour la suite pour piano « Tableau d’une exposition ».
Il rejoint le Groupe des Cinq, un ensemble de compositeurs et ardents défenseurs d’un art national basé sur la musique populaire russe, opposés aux tendances occidentales du conservatoire officiel. Moussorgski entremêle les genres, et ouvre de nouvelles voies que les musiciens du XXe siècle ont exploré à l’envi.
Il s’impose en maître du fantastique en musique. Une Nuit sur le Mont chauve est un accomplissement dans ce style.
Contrairement à une idée répandue, la Nuit sur le Mont Chauve ne raconte pas celle passée par un pou sur la tête d’un octogénaire. Cette pièce est inspirée d’une nouvelle de Nicolas Gogol, La Nuit de la Saint-Jean sur le Mont Chauve, qui met en scène le sabbat des sorcières.
« Les sorcières avaient coutumes de se rassembler sur le Mont Chauve. Elles y jouaient des farces et y attendaient leur maitre Satan. A son arrivée, elles formaient un cercle autour du trône sur lequel il prenait place, sous l’apparence d’un bouc et elles chantaient ses louanges. Lorsque Satan avait reçu suffisamment de louanges, il se transformait et donnait l’ordre de commencer le Sabbat, une grande fête démoniaque au cours duquel il choisissait quelques sorcières qui avaient retenu son attention ! »
Moussorgski aurait trouvé l’inspiration de son œuvre après une
promenade non loin de Kiev. L’œuvre a
été retravaillée plusieurs fois par le compositeur, avec une version chorale
en 1872, puis comme interlude orchestral dans l’un de ses opéras en 1873.
En 1908, Rimski-Korsakov produit une réorchestration de cette oeuvre et c’est cette dernière qui reste la plus jouée actuellement. Fantasia, le dessin animé de Walt Disney sorti en 1940, utilise encore une autre version où le final se mêle à l’Ave Maria de Franz Schubert.
Cette pièce qui dure
environ douze minutes, suit un programme établi dans l’ordre du récit :
Voix souterraines ;
Apparition des esprits des ténèbres puis de Tchernobog (divinité russe des ténèbres) ;
Adoration de Tchernobog ;
Sabbat des sorcières ;
Sonnerie de la cloche du village et évanouissement des apparitions ;
Aube naissante
Le compositeur fait preuve de génie en utilisant toute la palette possible dans la composition pour créer et nous plonger totalement dans cette atmosphère. Il réussit à faire peur juste avec de la musique.
Mais on ne veut pas vous effrayer ! Voici la fin douce de cette très belle oeuvre lors d’une de nos répétitions.
Classique, Latino et Rock pour notre Symphonie éclectique : Danzon n° 2 d’Arturo Marquez
L’idée de notre spectacle « Symphonie éclectique : de Carmen aux Beatles » est de vous faire découvrir des musiques magnifiques qui sont peu connues du grand public français notamment avec l’introduction du style Latino dans notre concert.
Vous avez pu lire l’article présentant Libertango d’Astor Piazzolla et vous allez me dire que justement vous connaissez ce style, mais il est fort à parier, et fort regrettable que vous ne connaissiez pas cette danse mexicaine Danzon n° 2 d’Arturo Marquez. C’est pourquoi nous l’avons mis au programme de ce concert, et, on va vous faire une confidence, c’est même l’un de nos morceaux préférés du spectacle !
Présentation de Danzon n°2 d’Arturo Marquez pour notre spectacle « Symphonie éclectique ; de Carmen aux Beatles » de l’OSL le Samedi 26 Mai 2018
Arturo Marquez, compositeur
Arturo Márquez, compositeur mexicain de musique orchestrale renommé et toujours vivant, est né en 1950.
Il est apprécié pour sa capacité à intégrer les éléments des styles mexicain et cubain dans ses œuvres.
Sa série de Danzónes, en particulier la Danzón n°2, a contribué à sa notoriété internationale.
Le danzón est une danse et donne aussi son nom à un genre musical d’origine cubaine. Tous deux sont dérivés de la contradanza et de la habanera, en plus libre.
On appelle charangas les orchestres qui interprètent généralement ce genre. Leur composition se rapproche d’un orchestre classique cubain, auquel s’ajoutent des instruments à sonorités latines : piano, violons, violoncelles, güiros, clarinettes, flûtes, contrebasses et timbales.
Ces danzones sont basés sur la musique de la région de l’état de Veracruz au Mexique, et c’est d’ailleurs la visite d’un bal dans la ville de Veracruz qui a inspiré Marquez.
Le Danzón no 2 est parfois surnommé le
« deuxième hymne national mexicain ».
L’œuvre Danzón n°2 a été commandée par l’université autonome du Mexique et créée en 1994 à Mexico. La pièce se concentre sur les accents plutôt que sur les temps, si bien que le tempo semble varier alors qu’il n’en est rien et que la précision demeure bien constante dans chaque mesure.
Pour vous mettre dans l’ambiance mexicaine, nous vous proposons de découvrir ce court métrage réalisé en 2009 par le cinéaste mexicain Guillermo Ortiz Pichardo, utilisant le morceau comme dispositif narratif principal. Ce film qui se déroule dans le Mexico des années 1940, l’âge d’or de danzón. Il est un hommage au cinéma mexicain de l’époque. On y voit même Arturo Márquez en tant que pianiste de la salle de danse.
Vous remarquerez que les rebondissements de ce films vont totalement avec les différentes intentions de cette Danzon n°2.
Retrouvez DANZON N°2 d’Arturo Marquez par l’Orchestre Symphonique de Lyon en concert :